Jeudi 5 novembre 2009
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15:38
Je suis un oiseau de nuit, c'est pourquoi je suis né à 2h du matin dans une ferme qui ne valait pas un clou entre un corps de logis et une étable où quatre vaches et
un cheval piétinaient la paille.
On m'a obligé à naître, je n'étais pas d'accord et j'ai du pousser mes premiers hurlements qui furent suivis de bien d'autres. Ma mère, être délicat, surdouée était elle aussi tombée dans le siècle par erreur du destin.
La grippe espagnole de 1918 a réglé son problème mais pas le mien.
Heureusement j'avais mes grands parents maternels. Pendant 2 ans je fut heureux, mais ce fut tout.
Mon père s'étant remarié, la famille de ma 2° mère éxigea qu'on m'enlève de ce cocon douillet pour que j'échappe à l'influence de ma grand(mère protestante qui métait mon âme en danger.
J'avais environ 3 ans lorsque la voiture à cheval vint me chercher malgré mes cris et mon grand-père armé d'un vieux fusil. Fouette cocher. N'écoutez pas, ce n'est qu'un gosse qui pleure. Le train m'emmena en Lorraine, dans un petit village où une grande maison à prétention bougeoise m'accueillit ou plutôt me reçu sans chaleur.
Un grand jardin se prolongeait par des près et tout en haut sur la colline la voie férrée laissait passer quelques trains dont celui qui m'avait amené.
Ah! ce train de18h, je l'ai guetté tous les soirs et je crois bien que je l'espère encore pour qu'il me ramène à la maison, à la vraie maison de mon enfance. Mais il ne s'est jamais arrété et Dieu sait si j'en ai vu passé des trains qui ne m'aimaient guère.
Je pense que j'ai du déprimé sérieusement pendant des années. Est-il possible qu'un gosse de 3 ans déprime, je ne sais pas. Je ne pouvais pas m'appliquer une thérapie de secours. Les femmes de la maison, qui étaient quand même des femmes, ne m'ont pas pris dans leurs bras et leurs girons.
Je commençait ma carrière solitaire, un clou enfoncé dans mon coeur. On me donnait à manger, on m'habillait trop bien, mais par soucis de présentation bougeoise. J'avais la paix à condition de ne pas salir ou déchirer mes habits.
Il y avait un arrière grand-père instituteur en retraite, assez bienveillant. Mais qui n'était pas doué pour faire un maître. Je n'ai rien reçu de lui.
Il y avait un autre grand-père bien plus jeune, ancien séminariste qui avait quitté la soutane, à l'ocasion de vacances à la campagne où il avait rencontré le piège féminin.
Il aurait pu, il aurait du m'apporter beaucoup, mais non, rien, comme toujours rien.
Les femmes, il en avait 3, empillaient des mérites devant Dieu en m'envoyant servir la messe à 6 h par les petits matins glacés de Lorraine. Dans une église non chauffé. Le curé m'avait inculqué des rudiments de latin pour suivre la messe.
A la fin de la semaine, je recevais mon salaire d'enfant de coeur, quelques pièces trouées, liées par un cordon que je m'empressais de faire passer aux femmes.
Ce qu'on avait omis de m'apprendre, c'est que au retour du froid, il ne faut pas réchauffer ses pieds dans le four de la cuisinière. J'ai eu des engelures profondes aux doigts de pieds. La médecine des pauvres recommandait d'uriner dessus, ce que j'ai fait. Mes doigts de pieds contiennent encore les marques creuses des vieilles cicatrices. Heureusement c'était pour le Bon Dieu ! C'était aussi que pendant des mois, j'ai subi une toux rebelle. Je toussais des nuits entières, assis sur le lit dans la chambre mansardée où le givre brillait sur le papier des murs.
Avec le recul, je précise que j'ai été en danger de mort trop souvent sans médecin. Dans la maison, il n'y avait jamais de visite de praticien. C'était l'époque.
Bien sur j'étais fragile, trop délicat pour vivre : de temps en temps mon père consultait pour moi le médecin militaire qui lui donnait un remède de cheval. Aussi inutile que tout le reste.
A ce point de mon récit, je peux conclure que pour survivre dans de telle conditions psychologiques et physiques, j'ai du mobiliser 2 anges gardiens.
Dans cette maison il y avait un garçon plus âgé que moi de 4 ou 5 ans qui a été le grand frère pas toujours de bon conseil sur le plan moral.
Lui aussi m'a fait courir des risques dont je n'avais vraiment pas besoin.
Les adultes n'ont rien compris comme toujours. De quoi me plaindrais-je ? Depuis longtemps je ne posais plus de questions, j'étais fermé comme une huitre. La plus jeune des femmes m'avais appris mes prières à coup de baguette, gentiment mais énergiquement.
Je ne pense que mes 2 frères et ma soeur aient subis le même parcours. Il me reste le souvenir de petites corvées qu'on m'imposait à moi, injustement à moi, car le grand frère n'y participait pas. J'étais la pièce rapportée qui s'emboitait mal dans l'ensemble et je l'ai été longtemps.
Pas un seul point d'appui. Pas d'espoir. Le train qui ne s'arrêtait jamais.
Et poutant la Lorraine était belle en juillet quand on m'envoyait loin du village garder les vaches avec le grand frère qui me donnait des sous de bronze pour qu'il s'chappe et rejoigne les filles dans les près pendant que je surveillais le troupeau.
C'était un petit prédateur, il faut dire que dans les villages, les filles étaient belles et saines. Mais moi j'étais bien trop jeune pour participer.
A la nuit nous rejoignons le village avec la soupe qui nous attendait au coin du fourneau. J'aurais pu en faire des souvenirs heureux, ils ne l'ont pas été, j'étais trop trahi par mon physique : maux de ventre et autres.
Quand je vous disais que j'eusse préféré ne pas naitre! Mais l'ange n'a pas voulu, il avait des ordres, lui aussi.
On m'a obligé à naître, je n'étais pas d'accord et j'ai du pousser mes premiers hurlements qui furent suivis de bien d'autres. Ma mère, être délicat, surdouée était elle aussi tombée dans le siècle par erreur du destin.
La grippe espagnole de 1918 a réglé son problème mais pas le mien.
Heureusement j'avais mes grands parents maternels. Pendant 2 ans je fut heureux, mais ce fut tout.
Mon père s'étant remarié, la famille de ma 2° mère éxigea qu'on m'enlève de ce cocon douillet pour que j'échappe à l'influence de ma grand(mère protestante qui métait mon âme en danger.
J'avais environ 3 ans lorsque la voiture à cheval vint me chercher malgré mes cris et mon grand-père armé d'un vieux fusil. Fouette cocher. N'écoutez pas, ce n'est qu'un gosse qui pleure. Le train m'emmena en Lorraine, dans un petit village où une grande maison à prétention bougeoise m'accueillit ou plutôt me reçu sans chaleur.
Un grand jardin se prolongeait par des près et tout en haut sur la colline la voie férrée laissait passer quelques trains dont celui qui m'avait amené.
Ah! ce train de18h, je l'ai guetté tous les soirs et je crois bien que je l'espère encore pour qu'il me ramène à la maison, à la vraie maison de mon enfance. Mais il ne s'est jamais arrété et Dieu sait si j'en ai vu passé des trains qui ne m'aimaient guère.
Je pense que j'ai du déprimé sérieusement pendant des années. Est-il possible qu'un gosse de 3 ans déprime, je ne sais pas. Je ne pouvais pas m'appliquer une thérapie de secours. Les femmes de la maison, qui étaient quand même des femmes, ne m'ont pas pris dans leurs bras et leurs girons.
Je commençait ma carrière solitaire, un clou enfoncé dans mon coeur. On me donnait à manger, on m'habillait trop bien, mais par soucis de présentation bougeoise. J'avais la paix à condition de ne pas salir ou déchirer mes habits.
Il y avait un arrière grand-père instituteur en retraite, assez bienveillant. Mais qui n'était pas doué pour faire un maître. Je n'ai rien reçu de lui.
Il y avait un autre grand-père bien plus jeune, ancien séminariste qui avait quitté la soutane, à l'ocasion de vacances à la campagne où il avait rencontré le piège féminin.
Il aurait pu, il aurait du m'apporter beaucoup, mais non, rien, comme toujours rien.
Les femmes, il en avait 3, empillaient des mérites devant Dieu en m'envoyant servir la messe à 6 h par les petits matins glacés de Lorraine. Dans une église non chauffé. Le curé m'avait inculqué des rudiments de latin pour suivre la messe.
A la fin de la semaine, je recevais mon salaire d'enfant de coeur, quelques pièces trouées, liées par un cordon que je m'empressais de faire passer aux femmes.
Ce qu'on avait omis de m'apprendre, c'est que au retour du froid, il ne faut pas réchauffer ses pieds dans le four de la cuisinière. J'ai eu des engelures profondes aux doigts de pieds. La médecine des pauvres recommandait d'uriner dessus, ce que j'ai fait. Mes doigts de pieds contiennent encore les marques creuses des vieilles cicatrices. Heureusement c'était pour le Bon Dieu ! C'était aussi que pendant des mois, j'ai subi une toux rebelle. Je toussais des nuits entières, assis sur le lit dans la chambre mansardée où le givre brillait sur le papier des murs.
Avec le recul, je précise que j'ai été en danger de mort trop souvent sans médecin. Dans la maison, il n'y avait jamais de visite de praticien. C'était l'époque.
Bien sur j'étais fragile, trop délicat pour vivre : de temps en temps mon père consultait pour moi le médecin militaire qui lui donnait un remède de cheval. Aussi inutile que tout le reste.
A ce point de mon récit, je peux conclure que pour survivre dans de telle conditions psychologiques et physiques, j'ai du mobiliser 2 anges gardiens.
Dans cette maison il y avait un garçon plus âgé que moi de 4 ou 5 ans qui a été le grand frère pas toujours de bon conseil sur le plan moral.
Lui aussi m'a fait courir des risques dont je n'avais vraiment pas besoin.
Les adultes n'ont rien compris comme toujours. De quoi me plaindrais-je ? Depuis longtemps je ne posais plus de questions, j'étais fermé comme une huitre. La plus jeune des femmes m'avais appris mes prières à coup de baguette, gentiment mais énergiquement.
Je ne pense que mes 2 frères et ma soeur aient subis le même parcours. Il me reste le souvenir de petites corvées qu'on m'imposait à moi, injustement à moi, car le grand frère n'y participait pas. J'étais la pièce rapportée qui s'emboitait mal dans l'ensemble et je l'ai été longtemps.
Pas un seul point d'appui. Pas d'espoir. Le train qui ne s'arrêtait jamais.
Et poutant la Lorraine était belle en juillet quand on m'envoyait loin du village garder les vaches avec le grand frère qui me donnait des sous de bronze pour qu'il s'chappe et rejoigne les filles dans les près pendant que je surveillais le troupeau.
C'était un petit prédateur, il faut dire que dans les villages, les filles étaient belles et saines. Mais moi j'étais bien trop jeune pour participer.
A la nuit nous rejoignons le village avec la soupe qui nous attendait au coin du fourneau. J'aurais pu en faire des souvenirs heureux, ils ne l'ont pas été, j'étais trop trahi par mon physique : maux de ventre et autres.
Quand je vous disais que j'eusse préféré ne pas naitre! Mais l'ange n'a pas voulu, il avait des ordres, lui aussi.
Par Roncevo
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Publié dans : Pilate s'en lave les mains
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